Tu verras, poursuit Samuel dans un délire halluciné. Plus tard tu en auras, un, deux ou plus je ne sais pas, je n'ai plus vraiment le temps de compter. Alors il faudra que tu leur demandes quelque chose de ma part, que tu leur dises que cela compte beaucoup pour moi. C'est un peu comme s'ils tenaient une promesse que leur père aurait faite dans un passé qui n'existera plus.. Parce que ce passe de guerre n'existera plus, tu verras. Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde . Que nous nous sommes battus pour eux Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de libeté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que tojours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte, sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur, Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leur mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.
"Les enfants de la liberté"